Le Pharaon

Extrait du livre: Jean Boussac. Encyclopédie des jeux de cartes. Paris, 1896, p. 245–246.

 

Le Pharaon est une variété du lansquenet, en voici la marche:

Il se joue avec un jeu de 62 cartes, un banquier et un nombre, illimité de pontes.

Après que les cartes ont été mêlées et que le banquier a fait couper, treize cartes sont offertes au choix des pontes qui mettent sur une 'ou plusieurs de ces cartes la somme qu'ils veulent risquer puis le banquier tire une carte qu'il met à sa droite et une autre qu'il met sa gauche: cette dernière carte se nomme la carte anglaise.

 

De ces deux cartes, quand elles ne forment pas un doublet, la, première fait gagner au banquier la mise que les pontes ont placée sur cette carte, et la seconde oblige le banquier à doubler, au profit des pontes, l'argent dont ils l'ont couverte.

 

L'avantage du banquier consiste dans les doublets ou refaits, et dans la dernière carte quand il arrive un doublet, le banquier gagne la moitié de l'argent quo les pontes ont risqué sur la carte arrivée au doublet.

 

L'avantage du banquier, quant à la dernière carte, consiste en ce qu'il est dispensé de doubler l'argent que les pontes y ont joué, quoiqu'il ait tiré celui qu'ils avaient mis sur l'avant-dernière.

 

Un jeu ne peut se changer, ni se transformer qu'avec le consentement du banquier, qui, lorsqu'il n'a plus en main que huit cartes environ, doit l'annoncer aux pontes.

 

Le banquier règle la mise des pontes et nul ne peut le forcer à jouer plus qu'il ne veut.

 

Le banquier fait une fasse taille quand il met deux cartes de suite sur un même tas, soit à droite, soit à gauche. Il en est de même s'il remet sur le talon une carte qui en a été détachée. Mais il n'en est pas ainsi lorsque, sans le vouloir, il tire à la fois deux cartes qui tiennent ensemble. Il suffit de les séparer à la vue des pontes et de les placer suivant la règle du jeu.

 

Quand on s'aperçoit, qu'un banquier a fait fausse taille, on lui fait payer toutes les mises qui sont sur les cartes des pontes, comme s'ils avaient gagné.

 

Une carte de plus ou de moins dans le jeu ne donne pas lieu à la fausse taille, mais le banquier perd, par ce fait, l'avantage que pouvait lui offrir la dernière carte.